Devenir chauffeur VTC BVTC : Formation et autorisation

| Points clés | Détails à retenir |
|---|---|
| 📅 Nouvelle règle depuis août 2026 | L’examen est désormais l’unique voie d’entrée pour exercer comme chauffeur VTC. |
| 🎓 Formation fortement recommandée | Taux de réussite supérieur à 70 % avec formation, contre 30-40 % en candidat libre. |
| 💳 Permis et casier judiciaire | Permis B depuis minimum 3 ans et bulletin n°2 du casier vierge. |
| 💰 Budget de lancement | Prévoir entre 5 000 et 15 000 € pour démarrer l’activité correctement. |
| 📊 Revenus moyens | Entre 2 000 et 3 500 € par mois selon la clientèle et les plateformes. |
| 🏢 Statut juridique à choisir | Micro-entreprise facile mais sans déduction de frais, SASU ou EURL plus complexes. |
Depuis le 12 août 2026, une page se tourne pour le métier de chauffeur VTC : l’expérience professionnelle ne suffit plus à accéder à la profession. L’examen est désormais l’unique voie d’entrée. Si vous envisagez de vous lancer, autant comprendre les étapes dans le bon ordre, sans vous perdre dans les méandres administratifs.
J’ai passé des années à gérer des feuilles de route, des plannings et des contrôles en tout genre. Je peux vous dire que la paperasse, ça se dompte, à condition de savoir par où commencer.
🎯 Les conditions et prérequis pour exercer comme chauffeur VTC
Avant de penser formation ou statut juridique, il faut vérifier que vous cochez les cases de base. Le permis B doit être détenu depuis au minimum 3 ans, ou 2 ans si vous avez pratiqué la conduite accompagnée. Seuls les permis européens sont acceptés dans le dossier d’inscription à l’examen.
Votre casier judiciaire (bulletin n°2) doit être vierge de certaines condamnations, surtout celles liées au code de la route ayant entraîné une réduction de moitié des points, à la conduite sans permis, ou à des infractions graves comme le vol, l’escroquerie, les agressions sexuelles ou le trafic de stupéfiants. La liste est précise et sans zone grise : mieux vaut la consulter sérieusement avant d’aller plus loin.
Un contrôle médical auprès d’un médecin agréé par la préfecture est également obligatoire, via le formulaire cerfa n°14880. Comptez environ 36 € pour cette visite. Ce n’est pas grand-chose, mais c’est un passage obligé que certains candidats oublient jusqu’au dernier moment.
Pour constituer votre dossier d’inscription à l’examen auprès de la CMA (Chambre des Métiers et de l’Artisanat), préparez :
- 🪪 Votre permis de conduire valide (non probatoire)
- 🗂️ Une pièce d’identité en cours de validité (carte nationale d’identité française, passeport européen, ou titre de séjour selon votre situation)
- 📄 Un justificatif de domicile daté de moins de 3 mois (les échéanciers EDF ne sont pas acceptés)
- 📸 Une photo d’identité officielle réalisée en photomaton agréé

📋 Formations, examen VTC et démarches administratives
La formation n’est pas légalement obligatoire, mais les chiffres parlent clairement : les candidats ayant suivi une formation dans un centre agréé affichent un taux de réussite supérieur à 70 %, contre seulement 30 à 40 % pour les candidats libres. Passer l’examen sans préparation, c’est un peu comme prendre le volant sur une ligne inconnue sans la feuille de route. Techniquement possible, rarement une bonne idée.
La durée de formation varie entre 50 et 300 heures selon le centre, pour un coût compris entre 400 € et 3 000 €. Elle peut être financée via le CPF (Compte Personnel de Formation) ou avec l’aide de France Travail. L’inscription à l’examen, effectuée en ligne auprès de la CMA régionale, coûte environ 200 €.
L’examen lui-même dure 3h50 et se divise en deux parties. La partie théorique couvre la gestion d’entreprise, la réglementation VTC, les infractions sexistes et les discriminations, la sécurité routière, ainsi que la maîtrise du français et de l’anglais. La partie pratique inclut 20 minutes de conduite en situation réelle, avec vérification des connaissances géographiques, culturelles et touristiques du territoire parcouru, et une évaluation de l’accueil client.
Une fois l’examen réussi, vous obtenez une attestation de réussite délivrée par la CMA. La carte professionnelle VTC est ensuite demandée auprès de la CMA pour environ 60 €, le paiement s’effectuant via un mail de l’Imprimerie nationale. Cette carte est valable 5 ans et doit être renouvelée avec un stage de formation continue de 2 jours (14 heures). Rouler avec une carte non valide expose à une amende de 1 500 €, et exercer sans carte du tout à 15 000 € d’amende. Ce n’est pas le genre de ligne de dépense qu’on planifie.
Vient ensuite l’inscription au REVTC (Registre des Exploitants de VTC), obligatoire pour exercer, au coût de 170 €. Depuis le 27 juin 2026, les exploitants doivent également déclarer les noms et numéros de carte de tous les conducteurs employés. L’absence d’inscription est sanctionnée pénalement : jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45 000 € d’amende pour une personne physique, 225 000 € pour une personne morale.

💼 Choisir son statut juridique et optimiser ses revenus
Le choix du statut est une décision structurante. Voici une synthèse des trois principales options :
| Statut | Complexité | Charges | Déduction des frais | Plafond CA |
|---|---|---|---|---|
| 🟡 Micro-entreprise | Très simple | 22% du CA | Non | 83 600 € en 2026 |
| 🔵 SASU | Moyenne | 45% de la rémunération | Oui | Illimité |
| 🟢 EURL | Moyenne | 30-40% du revenu | Oui | Illimité |
La micro-entreprise séduit par sa simplicité, mais elle ne permet pas de déduire les frais professionnels ni de récupérer la TVA. Or, pour un chauffeur VTC, les charges sont réelles : carburant, entretien, assurance RC Pro entre 300 et 800 € par an, sans compter le véhicule lui-même, à partir de 10 000 € en occasion ou entre 400 et 700 € par mois en LOA/LLD. Le budget total de lancement oscille entre 5 000 et 15 000 € selon les choix effectués.
Côté revenus, les chauffeurs VTC gagnent en moyenne entre 2 000 et 3 500 € par mois en France. Les plateformes prélèvent des commissions allant de 16 à 30 % par course. Ceux qui développent une clientèle directe, via des partenariats avec des hôtels, des entreprises ou des particuliers fidèles, s’affranchissent partiellement de ces ponctions. Un VTC premium peut valoriser une course à 70 à 100 € là où un VTC classique facture 30 €. La différence tient souvent à des détails : propreté irréprochable du véhicule, bouteille d’eau, chargeur téléphone, attitude professionnelle et discrétion. Des éléments qui ne coûtent presque rien mais qui transforment un passage en client fidèle.
Si vous hésitez encore sur votre statut ou vos démarches, sachez que la CCI suggère des formations de 3 à 5 jours pour réussir un projet de création d’entreprise, avec un suivi personnalisé par région. Un filet de sécurité utile avant de prendre la route.
